Méditations

Supportez les faibles

Notre société attribue à la performance, à la prouesse et à la force une considération élevée. On admire celui qui surpasse les autres, quel que soit son domaine.

La notion de réussite imprègne très tôt une jeunesse qui se dévaluera si elle n’est pas perçue comme ayant réussi.
Mais cette notion de la force est sérieusement nuancée par la Parole qui relativise la connaissance, la puissance, l’argent et les gloires éphémères.

Ce n’est certes pas le culte de l’échec qui est prôné dans l’Ecriture, mais la juste mesure dans la sobriété avec une conscience du caractère passager des biens et des valeurs de ce monde.

La Parole met l’accent sur le salut de l’âme, avertissant que “perdre son âme” menace celui qui veut gagner le monde, gagner selon le monde, gagner comme le monde.
Paul n’avait certes pas de lui-même une estime démesurée :
« Qui est faible, que je ne sois faible ? Qui vient à tomber, que je ne brûle ? »
Ainsi se connaissait-il fragile et nécessiteux, conscient qu’il ne parviendrait pas à suivre le Maître sans que le Maître soit Maître de tout.

« Quand je suis faible, c’est alors que je suis fort ». C’est ce que l’apôtre Paul avait compris quand Dieu lui révéla que la force divine s’accomplit dans la faiblesse de l’homme.
La faiblesse de Dieu est plus forte que les hommes.
Les hommes sont sujets à la faiblesse. Le souverain sacrificateur pouvait se montrer indulgent pour les ignorants et pour les égarés, car il se savait ignorant et égaré lui-même. Il avait été pris du milieu des hommes, comme chaque servante et chaque serviteur de Dieu aujourd’hui a été pris du milieu des hommes.

La faiblesse est le partage de tous les hommes, et aucun ne peut prétendre surpasser son prochain. Le plus fort deviendra faible un jour et le plus âgé mourra. Le pauvre et le riche auront la même destination. Ils redeviendront poussière.
Voilà pourquoi Jésus est devenu homme, pourquoi Dieu a été manifesté dans la chair, prenant la forme d’un simple homme et se rendant obéissant jusqu’à la mort de la croix. Il peut ainsi compatir à nos faiblesses.

En d’autres termes, il sait exactement ce qu’est un homme. Il est devenu homme pour compatir aux faiblesses de l’homme.
Dieu est compatissant. Il éprouve pour nous une authentique tendresse et un désir de nous venir en aide. Il est lent à la colère et riche en bonté.
Il ne nous traite pas selon nos péchés, Il ne nous punit pas selon nos iniquités. Mais autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant sa bonté est grande pour ceux qui le craignent ; autant l’orient est éloigné de l’occident, autant il éloigne de nous nos transgressions.

Il a été crucifié à cause de sa faiblesse d’homme. Nous sommes faibles en lui, mais nous vivrons avec lui par la puissance de Dieu qui agit envers chacun.
Bien des tentations perdent de leur emprise séductrice sur celui qui cherche d’abord le royaume et sa justice, même si son choix donne l’illusion de la faiblesse.

Mickaël Berreby

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