Méditations

Quand le partiel disparaîtra

Nous le savons tous : bien des aspects de nos existences sont peuplés d’éléments sans grande importance, auxquels nous accordons plus d’intérêt qu’ils n’en ont réellement. Dans les moments de vérité, un tri s’opère et nous prenons conscience que les vraies valeurs sont souvent simples et sobres.

Arrachant des flammes son enfant, une jeune mère s’exclama en voyant brûler sa maison qu’elle allait bien et que surtout, elle n’avait rien perdu.
Elle tenait dans ses bras le seul être essentiel pour elle. Un sourire éclatant illumina son visage tuméfié tandis qu’elle serrait dans ses bras un bébé aux membres noircis par la fumée, que la tragédie n’avait même pas réveillé.

L’épreuve facilite le choix de l’essentiel. Elle nous sort de l’imaginaire, des faux problèmes et des fausses richesses.

Quand ce qui est parfait sera venu, le partiel disparaîtra.
C’est ce que Paul enseigne dans son célèbre chapitre consacré à l’amour. Il assimile à l’enfance la confusion entre ce qui importe et ce qui n’importe pas. Il a fait disparaître ce qui était de l’enfant pour se rendre lucide sur ce qui prime. Le parfait est une conscience de l’essentiel. Le partiel est de voir de manière obscure, de connaître en partie, de tâtonner, d’errer, d’être dans une quête de valeurs dérisoires, de sentiments illusoires, de biens provisoires.

Puis Paul résume ce qui surpasse tout quand tout aura cessé d’être, quand nous aurons épuisé nos capacités d’évaluer faussement la vie.
Les langues des anges et des hommes, le don de prophétie, la science de tous les mystères et toute la connaissance, la foi jusqu’à transporter les montagnes, l’extrême générosité, l’offrande de son corps, tout cela ne sert à rien sans l’amour.

Ainsi, l’amour abolit le partiel et place immédiatement l’homme au centre du plan divin, franchissant les étapes de l’espace et du temps.
C’est le rendez-vous avec le parfait et la libération du partiel.
Dieu conserve son amour jusqu’à mille générations. Il est plein d’amour pour tous ceux qui l’invoquent. L’amour est l’accomplissement de la loi. Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, le partiel disparaît, l’amour parfait bannit la crainte, car la crainte n’est pas dans l’amour, et celui qui craint n’est pas parfait dans l’amour.

Si nous aspirons à la cité dont Dieu est l’architecte, nous faisons déjà le tri entre le partiel et le parfait, et plus les années passent, plus nous apprenons à nous laisser connaître par Christ pour que disparaisse le partiel.

Mickaël Berreby

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