Méditations

Pardonne-leur

Qu’il nous soit possible de pardonner relève du miracle de la grâce.
De nature, l’homme ne sait pas pardonner. Parfois il le voudrait sans doute. Mais il se heurte à l’esclavage du ressentiment et au despotisme du moi.

Pourtant, quand l’Esprit règne, nous nous acceptons dans notre petitesse et dans nos manquements en confessant honnêtement nos fautes, sans vouloir paraître bons et justes aux yeux de quiconque. Nous sommes alors réellement dans l’attitude de la grâce, celle qui se laisse pardonner et celle qui pardonne.

Quand l’offense tétanise notre émotion et pousse à un comportement impitoyable ou indifférent, nous “gérons” l’offense dans l’amour.

Ce n’est pas une manipulation psychique. C’est une autorité sur la mort. Car le salaire du péché est la mort. Pardonner suppose que le don gratuit excelle, tandis que la mort avait tout réduit à néant.

Une offense peut briser une famille, un couple, une amitié, une carrière, un projet et détruire la confiance.
Mais si le pardon transforme l’offense en une opportunité d’exprimer l’Etre de Dieu, alors les motivations sont radicalement et définitivement transcendées.

Les critères du vrai ou du faux ne jouent plus aucun rôle quand le pardon engloutit toutes les circonstances et tous les agissements.

Abraham connaissait tellement bien l’Eternel qu’il savait impossible la moindre injustice chez le Dieu de gloire. Lui qui se définissait comme cendre et poussière osa parler à l’Eternel pour plaider le pardon à l’égard de la ville de Sodome.

Rien ne justifie le pardon, si ce n’est l’intention divine d’effacer la faute. Rien n’est donc moins humain et plus divin que ce pardon réel et franc.

Nos péchés ont été pardonnés à cause de son nom, parce qu’il est fidèle et juste pour pardonner celui qui confesse sa faute.

Il n’est plus nécessaire de recommencer un processus d’admission et de confession de la faute quand celle-ci a été pardonnée.

C’est un être justifié par la foi qui marche en nouveauté de vie. Dieu ne juge jamais celui qu’il a pardonné.

Si nous pouvions simplement admettre et réaliser ce miracle, notre regard sur le salut serait tellement plus riche.

Un homme pardonné n’est pas coupable. Il n’est plus coupable. Il ne sera jamais coupable de ce dont il a été pardonné.

Voilà l’immensité de l’Evangile et son mystère insondable dévoilant la nature exacte du Père. Sa perfection et sa magnificence, sa splendeur et sa puissance, s’expriment dans le pouvoir et le vouloir
en dépit de la transgression.

Demandons au Seigneur la force d’oublier et de remettre la dette en accueillant celui qui s’égare, mais qui cherche à retourner dans la maison du Père.

Quant aux conséquences du péché, elles aussi doivent être considérées dans la grâce. Il serait honteux d’y trouver un sujet de satisfaction typiquement humaine pour que justice soit faite selon les normes iniques d’un coeur de granit.

Non, quand Dieu pardonne, il restaure. Il secourt. Il assiste et réconforte. Il guérit et soulage. Il prend par la main l’être blessé. Il ne le condamne pas.

Quel autre exemple parfait trouver en dehors de celui que donne le Roi des rois quand il demande au Père de pardonner à ses tortionnaires ?

« Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font… »

Mickaël Berreby

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