Méditations

Ces choses qui étaient pour moi un gain

Afin de gagner Christ, de vivre dans la puissance de sa résurrection, par la foi et pour sa gloire, le disciple crucifié pour ce monde renonce à ce qui était son identité. C’est l’exemple offert par Paul désireux d’abdiquer, de renoncer à sa propre justice, à ses aises et à ses privilèges.

Au chevet d’un malade fortuné sur le point de mourir, il fut possible à l’infirmière bouleversée de l’entendre geindre qu’il avait tout raté. Cet homme d’affaires était le parfait exemple de la réussite matérielle et sociale. Toute sa vie durant, il avait bâti un empire, s’épuisant d’un pays à l’autre, augmentant son capital, mais saccageant sa santé et sa vie familiale.
Il prit conscience qu’il était passé à côté de ce qui aurait dû être ses priorités. Mais il était trop tard.

Celui qui triche avec ses choix ne récoltera que les fruits de ses erreurs d’appréciation. Ainsi en est-il du coût exorbitant d’une vie gâchée dans l’insouciance et la tiédeur.

Qu’il est difficile de « regarder comme de la boue » ce qui nous tient à cœur. Ceci paraît insurmontable, incohérent et inutile. Pourtant, tel fut le choix de l’apôtre dans sa quête d’authenticité. Nous ne pouvons jamais prétendre à un engagement artificiel et superficiel quand nous cherchons à plaire au Seigneur. Servir, c’est renoncer à tout pour obéir sans comprendre.

Il est tant d’idées, tant de domaines, tant d’éléments disparates qui nous distraient de l’essentiel, tant de vagabondages, tant d’apitoiements sur nous-mêmes, tant de conflits pour avoir raison ou « paraître » justes qui ne méritent pas que l’on s’y attarde.

Quand on parvient à considérer comme de la boue tout ce qui comptait à nos yeux et aux yeux de ceux qui nous connaissaient, c’est que l’on a été saisi par Christ. Car ce qui pour d’autres apparaît une prouesse n’est, pour nous, que le déroulement d’une histoire d’amour.

Il est tant d’aspects de nos fugaces existences auxquels nous accordons une excessive portée, et tant d’autres, pourtant primordiaux, que nous dédaignons.

La consécration exhale un parfum, la bonne odeur de Christ.

Celui qui veut être trouvé en Christ a abandonné les critères et les normes de cet âge. La légitimité souvent intitulée “réalisme” ou encore “pragmatisme” est assujettie à une loi prioritaire, la loi de l’Esprit de vie qui fait que ce qui était un gain est considéré comme de la boue.

C’est que Paul avait en vue une cité dont les fondements sont éternels, dont Dieu est l’architecte au point que même les souffrances du temps présent n’étaient pas comparables à la gloire qui allait lui être révélée.

Mickaël Berreby

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